La curation, qu'est ce que c'est ? Rencontre avec Axelle Tessandier.
En phase de devenir le nouveau mot à ajouter à votre vocabulaire geek, vous vous demandez surement ce que "la curation" peut bien vouloir dire. Justement, moi aussi. La tête pleine de questions et bien décidé à trouver des réponses, j’ai décidé d’interroger Axelle Tessandier, directrice marketing de Scoop.it, nouvelle plateforme de curation, qui a très gentiment accepté de m’accorder du temps afin de nous éclairer sur le sujet.
Qu’est ce que la curation ?
Curation vient de « curator », que l’ont peut simplement comparer au commissaire d’exposition qui choisit quelles pièces tu va voir lorsqu’une exposition est organisée. Le curator choisit quelles pièces vont être exposées, comment elles vont être disposées, organisées.
Ce qui est important à mon sens dans le mot curation, c’est les curators. Ce sont des gens qui ont une expertise sur un sujet en particulier. La curation, c’est le fait qu’un humain t’indique les bonnes sources et les bons repères.
Il peut être un parfait anonyme, simplement passionné par la même chose que toi. Pour le reste du monde il n’est personne, mais pour toi c’est un expert. La curation ne se construit plus sur ce que tu dis, que sur qui tu es.
Qui sont les leaders de la curation ?
Beaucoup de sites sont considérés comme sites de curations. Certains considèrent queflipboard.com est un site de curation, parce qu’il suggère aux utilisateurs des articles sur un sujet en particulier. D’autres vont considérer , comme de la curation startupdigest.com, qui est une newsletter pour les startups. « Curation » est un mot qui est devenu très largement utilisé.
Ici dans la Bay, on parle de gens comme Howard Rheingold, professeur à Stanford, qui est un curator reconnu dans les demaines du social media, de l'information online, …
Pourquoi la curation est-elle importante ?
Des personnes comme Clay Shirky ou comme Eli Pariser,(The Filter Bubble) montrent bien quela curation est importante lorsqu’il y a un déluge d’informations. Le web qui était une source d’information à son début, où l’on pouvait facilement trouver une réponse à ce que l’on cherche, est devenu un outil où il est difficile de se repérer. La curation est importante pour qu’internet ai encore du sens, pour fixer un contexte à son contenu.
Plus il y aura d’information en temps réel et de news, plus les curators, sources fiables d’experts, seront nécessaires.
Certain considèrent que Google Search est l’ultime moyen de trouver une information sur le web. Je pense que la curation ne pourra jamais être automatisée. La curation, c’est la différence avec l’agrégation. L’agrégation, c’est agréger automatiquement le contenu en suite de liens, sans point de vu ou ligne éditoriale.
Qui utilise la curation et pourquoi ?
Il y a trois profils de curators :
Il y a le passionné, qui va utiliser la curation pour s’adresser à une audience particulière sur un sujet bien particulier. Il va très vite trouver son audience.
Il y a les influenceurs du web, qui sont des experts, des consultants qui sont en freelance ou autre et utilisent la curation pour montrer leur expertise. Le fait de se définir comme curator va les rendre encore plus légitimes.
Il y a enfin les sociétés. La curation ne va pas seulement leur servir à parler de ce qu’elles font, mais aussi des valeurs autour de leur produit. Par exemple, une société comme tripping.com ne parle uniquement des leurs nouvelles offres mais aussi des rencontres humaines, la différence entre voyager chez les locaux et voyager en hôtel, … et vont sélectionner des articles sur ces sujets. Cela permet à une marque de trouver plus facilement ses consommateurs et d’en être plus proche puisqu’elle va trouver plus facilement sa communauté.
En quoi est-ce différent des médias sociaux classiques comme twitter ?
Pour moi la grosse différence c’est le contexte. Gary Vaynerchuk, auteur de Crush It! a dit « if content is king, context is god. ». Je suis entièrement d’accord. Lorsque que je suis sur Twitter et que j’ai un tweet sur un tremblement de terre ou la révolution arabe, un sur Charlie Chin et autre sur Lady Gaga, tout ça en 4 secondes et sur la même time line, je me sent gênée. D’abord gênée parce que toutes les informations se cannibalisent entre elles et surtout, je suis gênée de voir un tweet sur le tremblement de terre au Japon suivit de la dernière blague de Charly Chin. La curation apporte un contexte, ce qui fait que ton contenu ne disparait pas comme sur les systèmes de time line, mais va rester.
Est-ce plus compliqué ou plus simple ?
Être curator est plus exigeante qu’être simple receveur de l’information car il faut être une ressource pour la communauté et la guider vers la bonne information. C’est aussi beaucoup plus passionnant, parce que cela te permet d’interagir. La seule exigence, c’est d’avoir envie de partager sur ce que l’on aime et pas seulement lire.
Quel avenir a la curation ?
Je dirais même que la curation est l’avancée du web social. FaceBook est basé sur l’amitié et Twitter est basé sur la popularité. Je pense que c’est sur les intérêts communs et passions communes que la vraie relation sociale se crée. Je pense aussi que la curation a un vrai sens pour les médias. Le fait d’avoir des experts capables d’organiser l’information devient capital. La recherche d’information sur le web devient trop intimidante et maintenant j’ai besoin de me dire qu’il y a des gens sur domaines en particuliers qui grâce à des outils de curation me permettent de ne pas rater ce qui m’intéresse vraiment.
Pour conclure, la curation c’est donc filtrer, trier, redonner un contexte à l’information autour d’un sujet particulier pour retenir et partager ce qui est non seulement important, mais aussi fiable. Comme Axelle a dit, « il ne s’agit pas d’avoir un nom, mais de savoir de quoi on parle ». Chacun peut donc devenir curator, à condition de connaitre et maitriser son sujet et d’avoir envie de le partager. La curation semble être une réelle avancée, en phase de devenir nécessaire à un moment où l’on se noie sous l’information.
Vous pouvez suivre l’actualité d’Axelle Tessandier et de Scoop.it sur twitter @axelletess et@scoopit.






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